Célébrons la fête - Daniel Bodolec

Lecture : 2 Chron.30/1-9 et + V23-27


La loi de Moïse ordonnait principalement 3 grandes fêtes annuelles :

  1. La Pâque

  2. 50 jours après pâque, la fête des Moissons ou des semaines, ou Pentecôte

  3. et la fête des Tabernacles ou des récoltes


Qu’est-ce que la Pâque dans l’Ancienne Alliance ? :

« Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise, quand je frapperai le pays d'Egypte. » Exode 13/13


La Pâque commémorait la délivrance et la sortie du peuple d’Israël du pays d’Egypte où il était esclave. Cette délivrance a été rendue possible grâce au sang du sacrifice d’animaux. Chaque chef de famille, pour chaque maison, avait reçu l’ordre divin par Moïse de sacrifier un agneau, d’en recueillir le sang et de l’appliquer à l’aide d’une branche d’hysope sur le linteau de la porte de chaque maison. Dieu envoya un ange dont la mission était de frapper de mort tous les premiers nés des humains comme des animaux en Egypte, mais à la vue du sang l’ange de la mort « passait outre » (sens du mot Pâque). Ainsi le premier né dans les maisons des Hébreux n’était pas frappé de mort à cause du sang, contrairement aux premiers nés des Egyptiens. Cet événement annonçait prophétiquement un autre sacrifice, celui-ci serait unique, et devrait avoir lieu bien plus tard à Jérusalem. Il s’agit du sacrifice de Jésus à la croix. Il est l’Agneau de Dieu immolé pour nos péchés. Son sang nous recouvrant par la foi nous épargne de la mort éternelle. Un cantique illustre admirablement cette vérité biblique :


Rien ne peut sauver mon âme,

Rien que le sang de Jésus !

Pour elle je ne réclame,

Rien que le sang de Jésus !


Refrain

Précieux sang de l’Agneau,

Qui me donne un cœur nouveau ;

Rien d’autre, je ne veux plus :

Rien que le sang de Jésus !

Je ne veux pour ma justice,

Rien que le sang de Jésus !

Qui me rendra Dieu propice ?

Rien que le sang de Jésus !

Je n’ai pour toute espérance,

Rien que le sang de Jésus !

Pour appui, pour confiance,

Rien que le sang de Jésus !

Nous allons maintenant nous intéresser aux implications spirituelles découlant de cette extraordinaire fête de Pâque qui se déroula sous le règne du roi Ezéchias.


Tout d’abord, le roi fit deux choses pour favoriser la célébration de la fête de Pâque :


1/ Il écrivit des lettres d’invitation :

V1 : "Ezéchias envoya des messagers dans tout Israël et Juda, et il écrivit aussi des lettres à Ephraïm et à Manassé, pour qu'ils vinssent à la maison de l'Eternel à Jérusalem célébrer la Pâque en l'honneur de l'Eternel, le Dieu d'Israël"


En lisant ces lettres d’invitation, les chefs des tribus furent probablement surpris. Certains d’entre eux se sont peut-être dit : « Incroyable ! c’est le roi de Juda Ezéchias lui-même qui m’écrit ; je suis invité avec ma tribu à célébrer la fête de Pâque à Jérusalem pour honorer l’Eternel »


Peut-être s’agissait-il de quelqu’un qui avait décroché de la foi ou de quelqu’un de découragé qui ne voyait plus l’intérêt d’aller au temple de Jérusalem ? Dans le contexte de l’époque, probablement que si Ezéchias n’avait pas écrit cette invitation, ces gens- là ne seraient pas venus à Jérusalem mais la lettre les y a encouragés.


Une lettre, un mail, un texto, une carte peuvent faire la différence !


Un papa en conflit avec son fils peut lui écrire pour l’inviter à partager un moment autour d’un café ; un mari en froid avec son épouse peut lui envoyer une carte pour lui exprimer ses regrets ainsi que son désir de changer d’attitude, etc….


Ces lettres d’invitation écrites par le roi ne concernaient pas seulement les tribus du sud, Benjamin et Juda, mais aussi celles du nord, en fait tout Israël était invité.


La division entre le Sud et le Nord datant du schisme entre Roboam et Jéroboam avait endommagé considérablement les relations entre tribus, or Ezéchias avait compris que l’esprit de la fête de Pâque était de rétablir l’unité pour ne faire qu’un seul peuple comme autrefois. Et c’est ainsi que lors de la célébration de la Pâque à Jérusalem, les personnes des différentes tribus étaient non pas les unes à côté des autres mais les unes avec les autres d’un même cœur pour célébrer la fête en l’honneur de l’Eternel.


L’esprit de Pâque sous la nouvelle Alliance en Jésus-Christ n’a pas changé, bien au contraire : Christ mort et ressuscité appelle son peuple non pas à une unité de complaisance mais de cœur et d’esprit.


2/ Ezéchias décala la date habituelle de la célébration de la Pâque :

V 2-3 : "Le roi, ses chefs, et toute l'assemblée avaient tenu conseil à Jérusalem, afin que la Pâque fût célébrée au second mois ; car on ne pouvait la faire en son temps, parce que les sacrificateurs ne s'étaient pas sanctifiés en assez grand nombre et que le peuple n'était pas rassemblé à Jérusalem."


La fête sera ainsi célébrée le 14ème jour du second mois, Or selon la loi de Moïse, elle aurait dû avoir lieu le 14ème jour du 1er mois.


Pourquoi un tel décalage ?


Parce que les sacrificateurs n’ont pas été dans les temps en ce qui concerne les rituels de purification, certains oui, mais le plus grand nombre, non ! ils ont pris du retard.


Qu’a fait alors Ezéchias ? A-t-il proclamé de manière intransigeante que c’était trop tard ? Et bien, à notre grande stupéfaction, il a pris la liberté de décaler la date au quatorzième jour du second mois. Quel soulagement pour ces sacrificateurs ! Ils seront de la fête ! Quelle joie et quelle victoire !


Peut-être que vous vous dites : « C’est trop tard ! je ne pourrai pas être de la fête ! Or, ce n’est pas trop tard pour te repentir, te réconcilier. Il n’est pas trop tard pour revenir de tes mauvaises voies ; pas trop tard pour recommencer à zéro ; pas trop tard pour être relevé et pour voir la gloire de Dieu...


Une remarque s’impose ici : Ezéchias a injecté l’esprit de la grâce dans la loi de Moïse !


Quelle bénédiction pour ces sacrificateurs d’avoir bénéficié d’un rayon de grâce au beau milieu de la loi. A l’inverse, ne commettons pas l’erreur d’injecter la lettre de la loi, avec sa rigidité intransigeante et desséchante, dans la grâce qui est en Jésus-Christ.


Intéressons-nous plus précisément au contenu du courrier qu’Ezéchias a envoyé au peuple pour l’inviter à célébrer la Pâque :

Revenez à l’Eternel : V6 : « …Enfants d'Israël, Revenez à l'Eternel, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, afin qu'il revienne à vous, reste échappé de la main des rois d'Assyrie. »


Revenez à l’Eternel : je me souviens de ces enfants qui, jouant sur un pneumatique dans la mer près de la plage, ont été entraînés par les courants vers le large. On avait beau leur dire de revenir car leur éloignement devenait de plus en plus inquiétant, ils répondaient qu’ils ne le pouvaient pas en raison de la force contraire des courants. Quand le Seigneur s’écrie : « Revenez ! », c’est que son peuple s’est éloigné de lui. Cette distance devient dangereuse pour lui !


Qu’est-ce qui t’a éloigné de Dieu ? y a-t-il une distance de plus en plus grande entre toi et lui ? Les courants qui t’emportent voudraient t’empêcher de revenir : celui de de la déception, des blessures du passé, de l’amertume, ou celui de l’ attachement à ton péché. Mais Dieu t’aime plus que tout. Il est plus fort que les courants qui t’éloignent de lui. Son bras n’est pas trop court pour te récupérer là où tu es. REVIENS ! Dit le Seigneur. Laisse- le venir te chercher pour te ramener sur le rivage de sa présence!


Si tu reviens à Lui, il viendra à toi !


Donnez la main à L’Eternel : V8 : « Ne raidissez donc pas votre cou, comme vos pères ; donnez la main à l'Eternel, venez à son sanctuaire qu'il a sanctifié pour toujours, et servez l'Eternel, votre Dieu, pour que sa colère ardente se détourne de vous. »


« Donnez la main à L’Eternel » : je me souviens de ce jour où encore adolescent, mon beau-frère m’avait proposé de monter dans un manège à grande vitesse d’une fête foraine. Tu n’auras pas peur ? Me dit-il. Peur ? Il me fallait relever le défi, aussi sans afficher la moindre crainte, je me suis installé dans le siège. Au fur et à mesure que le manège accélérait, j’étais de plus en plus tétanisé au point de me voir mettre ma main sur celle de mon beau-frère, comme pour être rassuré.


« Donnez la main à l’Eternel » : Ezéchias signifiait au peuple qu’il lui était possible de reprendre espoir en se confiant en L’Eternel et en Sa Parole.


David manifestait aussi cette confiance : « Si une armée se campait contre moi, mon coeur n'aurait aucune crainte ; Si une guerre s'élevait contre moi, je serais malgré cela plein de confiance » Psaume 27/3


En Esaïe 12/2, il est écrit : Voici, Dieu est ma délivrance, Je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien ; Car l'Éternel, l'Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C'est lui qui m'a sauvé.


Et en Esaïe 30/15 : C'est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, C'est dans le calme et la confiance que sera votre force.


V8 : Venez à son sanctuaire

Ezéchias veut ainsi dire au peuple et à ses chefs : « Si vous acceptez de vous rendre au temple à Jérusalem pour la Pâque, alors vous expérimenterez la présence de Dieu et la communion fraternelle. » A cette époque, le peuple était tout aussi éloigné de Dieu qu’il était divisé. Retrouver le sanctuaire à l’occasion de la Pâque annoncerait le retour de la présence du Seigneur tout comme un renouveau dans la communion fraternelle.


V8 : Servez l’Eternel

Il fallait que le peuple remettre les priorités à leur véritable place. Le zèle de la Maison de Dieu devait tout à nouveau brûler dans les cœurs de chacun.


Le retour dans le pays des enfants éloignés : V9 : « Si vous revenez à l'Eternel, vos frères et vos fils trouveront miséricorde auprès de ceux qui les ont emmenés captifs, et ils reviendront dans ce pays ; car l'Eternel, votre Dieu, est compatissant et miséricordieux, et il ne détournera pas sa face de vous, si vous revenez à lui. »


N'est-ce pas une merveilleuse promesse que chaque parent chrétien peut aussi serrer dans son cœur : si nos cœurs sont pleinement au Seigneur, attendons-nous à voir nos enfants éloignés de Dieu revenir dans le territoire du salut et de la grâce.

Conclusion : Le renouveau s’est produit à tel point qu’« il y eut à Jérusalem de grandes réjouissances ; et depuis le temps de Salomon, fils de David, roi d'Israël, rien de semblable n'avait eu lieu dans Jérusalem. » Même si pendant plus de 200 ans la Pâque avait perdu de son éclat dans la piété du peuple, Dieu ne désespère pas ; s’il voit des cœurs semblables à celui d’Ezéchias, tout devient alors possible, les bénédictions d’autrefois sont à nouveau présentes.


Daniel Bodolec

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