Accomplissons le projet de Dieu - Daniel Thomas

Salutations à tous, heureux de nous retrouver ensemble pour ce partage spirituel. Je vous espère tous en bonne santé. Nous avons une pensée pour les malades, nos assemblées, les soignants, les travailleurs, les familles en deuil …

Le confinement mondial lié à cette pandémie, que nous vivons vous et moi, est propice à bon nombre de réflexions, de partages, et il me serait difficile d’esquiver le sujet.

J’entends depuis plusieurs jours beaucoup de choses sur nos réseaux, des bonnes et des moins bonnes. Chacun se questionne : pourquoi ? c’est quoi la suite ? des peurs sont exprimées, des constats sont dressés, des drames sont vécus…

Remarquez, j’ai parlé en premier du terme confinement et non pandémie. J’ai regardé dans le dictionnaire la définition de confiner ou se confiner, il y 2 sens :

  • S’enfermer ou être enfermé dans un lieu (sens géographique)

  • Se limiter ou se borner à une activité quelconque unique ou restreinte (sens activité)

Si ces 2 définitions semblent nous isoler, nous réduire à la plus stricte et simple activité et relation. Et nous parlons aujourd’hui de distanciation. Le verbe « confiner » a aussi cette autre définition :

  • Se toucher (toucher aux limites), être très proche.

Notre confinement aurait-il seulement des propriétés de séparation, d’éloignement ; ne serait-il pas aussi source de proximité, d’intimité en particulier avec Dieu, avec notre Seigneur ?

Si je vous dis Jonas, certains me répondront « Ninive », mais une grande majorité me diront « grand poisson ». En effet, c’est bien là le point central que des générations ont enregistré dans leur mémoire collective concernant le livre du prophète Jonas.

C’est dans le ventre de cet animal que Jonas a vécu un confinement particulier. Avant d’aller plus loin, j’aimerais résumer en quelques points le récit de Jonas, son histoire (vous prendrez le temps de lire le livre dans sa totalité à la maison).

Ce prophète a été appelé de Dieu pour avertir la ville de Ninive en Assyrie (Irak actuel, Mossoul) que Dieu allait déverser sur elle sa colère à cause de sa méchanceté (v 1-2). Jonas a préféré s’enfuir (v 3) et la description de ce voyage, nous laisse à penser que c’est dans la direction opposée. (Tarsis = Cadix en Espagne ?) La suite du récit nous dit que Dieu suscite une tempête (v 4) pour stopper Jonas dans sa fuite. L’ensemble des marins se tournent alors vers leur dieu, tentent à leur niveau de maintenir le navire à flot, tandis que Jonas s’enfonce dans la cale pour dormir (v 5). Pour connaitre qui est responsable de cette situation, les hommes vont tirer au sort. Jonas est ainsi désigné et révèle les raisons de la colère de Dieu (v 7-11). Une seule solution s’offre à eux pour être épargné : jeter Jonas de l’embarcation, mais cela avec hésitation (v 12-16).

Vient ensuite l’épisode du grand poisson qui avale Jonas afin de lui conserver la vie. Après une période de 3 jours et 3 nuits à méditer, Jonas est rejeté sur la terre ferme (2v2).

Dieu peut enfin utiliser son serviteur, il réitère son appel (3v1). Jonas parcourt la ville de Ninive, prêche le message de repentance (ce n’est pas moins que cela) et la ville avec tous ses habitants, le roi même, répondent à l’appel du prophète, s’humilient, changent leur attitude. Dès ce moment, Dieu manifeste pleinement sa compassion pour les Ninivites (3v10) en les épargnant de son jugement.

Cependant Jonas ne montre pas sa satisfaction, bien au contraire (4v1-3) et Dieu doit le conduire dans une réflexion au travers d’un ricin (4v10-11).

Pourquoi ce texte s’est-il imposé à mon cœur ? Parce que Dieu nous y parle d’un « avant », d’un « pendant » et d’un « après » ! Ce sont les 3 points que je voudrais méditer avec vous dans le but de nous exhorter et de porter notre regard vers le projet de Dieu.

1. Avant, ou débarrassons-nous efficacement de ce qui nous charge !

Ce n’est pas tant l’avant qui m’intéresse, car il n’est pas glorieux, cependant il faut que nous en parlions. Bien entendu, ce que nous vivons n’est pas comparable mais nous devons en tirer des réflexions, des enseignements.


Je voudrais m’arrêter quelques minutes sur les marins, ces premiers personnages.

  • Une image personnelle de Dieu. La parole de Dieu nous éclaire sur l’identité de ces hommes : différentes nationalités et/ou confessions, croyances « chacun se mit à implorer son dieu ». Leur projet, à tous, était d’aller à Tarsis : c’était leur feuille de route (voyage commercial, d’agrément, projet personnel…) Ils avaient chacun leur conception de Dieu : plus de ceci, moins de cela. Jonas n’a pas hésité à les rejoindre, laissant le peuple de Ninive à son destin. Cet environnement lui plaisait il davantage ? L’a-t-il fait par dépit ? Parfois à l’image de Jonas, nous prenons l’embarcation d’un monde, qui sous un aspect plus ou moins croyant (comme ces hommes), nous entraine loin de Dieu, loin de sa volonté, de ses projets pour nous, et au travers nous pour les autres. Lorsque Jonas s’est associé à eux dans ce voyage pour fuir, Dieu n’a pas accepté. Son projet était à l’opposé du leur (géographiquement et spirituellement). Dieu nous dit « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. » (Es.55v8) 

  • Une action humaine. Après avoir prié leur dieu, nous constatons que ces hommes vont chercher à maintenir le navire à flot en jetant tout ce qui pouvait alourdir celui-ci : en vain. « Ils jetèrent la cargaison par-dessus bord pour alléger le navire. » Lorsque nos principes de foi sont vacillants, sans assurance, alors nous cherchons à faire par nous-mêmes à l’exemple de ces marins. Nous cherchons à nous débarrasser de ce qui semble, à nos yeux, être responsable et en particulier ce qui est visible (forme, matérialisme, superflu, mondain…), seulement rien y fait. 

  • Une foi superstitieuse. Lorsque les prières, les actions ne mènent à rien, de ce fait la place est laissé au hasard. Ces hommes vont aller jusqu’à tirer au sort. Dieu, dans sa souveraine grâce, ne les a pas laissés dans l’incompréhension. Je ne dis pas que nous devons pointer le doigt sur le premier verset de la première page ouverte de la Bible pour être conduit ! Dieu va révéler celui qui est responsable. Souvent le véritable problème est enfoui, caché.

Vous et moi l’avons bien compris, ce qui a plongé l’équipage du navire dans la tempête : c’est Jonas (lui qui était tranquillement descendu dans la cale), personnifiant la désobéissance, la rébellion à l’ordre de l’Eternel. Et pourtant, celui-ci était clair « Mets-toi en route va à Ninive la grande ville et proclame des menaces contres ses habitants, car l’écho de leur méchanceté est parvenu jusqu’à moi. » Dieu désirait conduire une ville, ses habitants (nation assyrienne) à la repentance et son prophète a refusé. C’est pour cette raison que Dieu a permis cette tempête, ce n’est pas pour autre chose. Vous me direz c’est déjà beaucoup, surtout pour un serviteur de Dieu ! 

Je voudrais nous poser une question : avons-nous toujours obéi, en tout temps, et particulièrement avant cette épreuve, à ce que Dieu nous avait demandé ? Cette question, Dieu nous la pose individuellement ce matin. (Aujourd’hui c’est une pandémie, mais cela aurait pu être un accident, une hospitalisation…) Jonas (la désobéissance) devait être jeté à la mer pour que la tempête s’apaise. Il en était conscient. « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer se calmera, car je sais bien que c’est à cause de moi que cette grande tempête s’est déchainée contre vous. »

Samuel dira à Saül « Car, l’obéissance est préférable aux sacrifices, et la soumission vaut mieux que la graisse des béliers. » (1 Sam.15v22) 

Jonas a décrit sa situation aux marins (v9-10). Sa désobéissance n’était pas un simple acte délibéré volontaire, il y avait un désaccord profond entre lui et Dieu : le verset 2 du chapitre 4 nous en dit plus. « Je savais que tu es un Dieu plein de grâce et de compassion, lent à te mettre en colère et riche en amour… » Si Dieu pardonnait, lui ne le voulait pas ; si Dieu graciait, lui condamnait ; si Dieu était compatissant, lui était dur…

Le Seigneur nous a-t-il demandé de pardonner, de témoigner, d’avoir de la compassion, de nous garder des jugements, de la propre justice ou d’un quelconque manque de grâce ? Il n’était pas question pour Jonas d’amoindrir l’appel de Dieu pour Ninive, de diluer le message divin de sanctification, de repentance. Dans sa résistance, Dieu a conduit Jonas au confinement.

2. Pendant, ou face à notre Seigneur

Ça y est Jonas est confiné : 3 jours, 3 nuits. 

Pendant cette période, au début même de celle-ci, les marins vont vivre un renouveau spirituel. Eux qui avaient une connaissance imparfaite de Dieu, peut-être d’un enseignement lointain « alors l’équipage fut saisi d’une grande crainte envers l’Eternel ; ils lui offrirent un sacrifice et s’engagèrent envers lui par des vœux. » Ce que Jonas leur avait dit (son témoignage), ce qu’il vivait, avait suffit pour animer ou ranimer une véritable foi. Ayons une pensée pour tous ceux qui ont entendu l’évangile (enfants, famille, proches…) et qui aujourd’hui sont plus sensibles à l’appel de Dieu.

Comme le confinement, que nous vivons à ce jour, nous garde sains et saufs ; le confinement de Jonas l’a sauvé également. Si Dieu n’avait envoyé ce grand poisson, Jonas aurait péri dans les eaux. Jonas a gouté le salut, mais plus encore il a retrouvé la proximité* avec son Seigneur (définition du début)*. Tout le chapitre 2 va exprimer la reconnaissance de Jonas à l’égard de Dieu.


  • La première des choses que Jonas fait : il renoue le contact avec Dieu (v3) « Un malheureux a appelé, et l’Eternel a entendu, car il l’a délivré de toutes ses détresses. » (Ps.34v7) Dieu ne l’a pas abandonné. Dieu n’abandonne personne.

  • Jonas est bien conscient qu’il a fallu peu pour que sa vie cesse (v4-7a). J’aime ce qu’il déclare « la terre avait déjà tiré derrière moi ses verrous pour toujours. »

  • Jonas va alors vivre la grâce de Dieu, sa présence à ses côtés. « Mais du fond de la fosse tu m’as fait remonter vivant, ô Eternel, mon Dieu ! » Jonas reconnait que Dieu est miséricordieux, compatissant v8-9 (lui qui fera le reproche à Dieu pour les Ninivites, 4v2)

  • Enfin Jonas renouvelle son engagement (v10) Nous ressentons ici l’adoration, la louange que porte Jonas à son Seigneur. Jonas sait qu’il y a une suite « je m’acquitterai des vœux que j’ai formés, car c’est de l’Eternel que vient la délivrance. »

Parlant de sa nation, Dieu, par son prophète Osée, dit d’elle « c’est pourquoi voici, je veux l’attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. » Os.2v16. La version BDS dit « je vais la reconquérir ». Dieu nous veut, plus que jamais, près de lui, pour lui, en lui. Retrouvons cette intimité, cette proximité. Rappelons-nous de Matt.6v6 « Mais toi, quand tu veux prier, va dans ta pièce la plus retirée, verrouille ta porte, et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le lieu secret, te le rendra. »

3. Après, ou un appel renouvelé pour une mission inachevée

Ce que Dieu n’a pas pu faire avant cette tempête et ce confinement avec Jonas, il va le faire après. Dieu renouvelle son appel nous dit la parole (3v1). Dieu ne se lasse pas. « Je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » Jér.29v11


  • Ce sont aussi les projets que Dieu avait pour les Ninivites. Pour cela, ils devaient entendre Jonas. Et nous le savons, Jonas s’est exécuté ! Le peuple de Ninive s’est tourné vers Dieu, ôtant ainsi les menaces de Dieu sur eux. La Bible déclare « le Seigneur use de patience envers vous, ne voulant qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » 2 Pi.3v9

  • Je le disais au début de ce partage : Le Seigneur nous a-t-il demandé de pardonner, de témoigner, d’avoir de la compassion, de nous garder des jugements, de la propre justice ou d’un quelconque manque de grâce ? Jésus nous a partagé un grand mandat « allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » Matt.28v19-20a

  • Dieu a manifesté à Jonas, ce qu’il voulait manifester à Ninive : sa compassion, sa grâce, sa miséricorde. Jésus parlant de lui-même, de sa parole, à des religieux dira « il y a ici plus que Jonas. » Matt.12v41 Dieu nous attend, comme il a attendu Jonas pour aller jusqu’au bout de sa mission. Un chant dit « Dieu peut il compter sur nous, le pourra-t-il jusqu’au bout ? »

La fin du récit nous dit, faisant allusion au salut des Ninivites « Jonas le prit très mal et se mit en colère » 4v1. Dieu avait encore des choses à apprendre à Jonas. Un autre chant dit « Savons-nous le prix d’une âme ? » Jonas avait besoin de l’apprendre ; la leçon du ricin l’a-t-elle convaincu ?

Dieu nous aime, Il aime ses créatures. Je pleure sur, pour mes contemporains. Que je puisse, que nous puissions sortir de ce confinement, renouvelés, en nouveauté de vie. Non pour faire comme Jonas (obéir, c’est bien) mais pour être (à l’image de mon Seigneur). « Ayons en nous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ… » Ph.2v5

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